Nous souhaitons un budget plus ambitieux et plus clair.

Mis à jour : avr. 1




Intervention de Frédéric Bourdon, Président du Groupe Changeons Vitry en Mieux au Conseil Municipal





Le débat d’orientation budgétaire que nous avons ce soir s’appuie sur un rapport de plus de 80 pages, dont la vocation est d’informer tous les élu.e.s et d’éclairer des choix que vous faites, vous, l’équipe municipale en place, en vue du vote du budget qui aura lieu à la fin du mois.


Remercions tout d’abord celles et ceux qui ont travaillé à la rédaction de ce document pour le temps qu’il y ont passé, en particulier pour la seconde partie qui donne clairement des indicateurs chiffrés sur l’évolution budgétaire de la commune.


Cependant pour avoir une vision claire des choix politiques, il aurait été nécessaire que la première partie du rapport nous donne des indicateurs chiffrés permettant de comprendre qu’elles sont les grandes orientations, quelles sont les priorités et leurs évolutions par rapport à l’année précédente. C’est avec ces éléments que nous pouvons juger des orientations politiques que vous voulez mener.


Ainsi par exemple vous indiquez que les 29 millions d’investissement vont servir au patrimoine bâti et à la transition écologique/ à la végétalisaiton, la biodiversité et l’agriculture urbaine / à la mutation de l’espace public/ au développement du territoire communal et enfin au passage à l’ère numérique. Mais dans quelles proportions ?


Nous avons aussi en première partie de rapport une liste de 14 priorités, mettant au même niveau d’importance l’éducation, la culture et le sport, la solidarité, aux associations, à l’habitat, la nature en ville, aménagement des espaces publics, la santé, les jeunes, le commerce, la propreté, la tranquillité, gestion du patrimoine bâti communal, alors que chacun de ces sujets représentent des sommes souvent très différentes (30% pour l’éducation et 1% pour les associations, par exemple). Nous avons donc du mal à voir la priorisation que vous voulez faire de vos politiques publiques.


Nous notons par contre qu’en mettant la priorité sur la jeunesse et l’enfance, les séniors est un public qui fait l’objet d’une moins grande attention, en tout cas tel que présenté dans le rapport (le nombre d’occurence entre seniors et jeunes et de 1 à 7 !).


Et puis en vous fixant des objectifs pour l’année, vous devez aussi avoir prévu ceux des années à venir. Nous regrettons que la PPI (programmation pluri annuelle d’investissement), document cadre qui donne à voir le cap que vous devez vous fixer sur un mandat voire plus, soit une nouvelle fois absente des documents qui nous sont communiqués. Nous comprenons donc que soit vous souhaitez nous cacher votre plan soit vous n’en n’avez pas, dans les deux cas, la situation est grave : soit vous manquez de transparence soit vous n’avez pas de vision claire.


Et c’est le sentiment que nous avons donc à la lecture du rapport. Bien sûr nous sommes d’accord quand la ville investit pour l’éducation, la culture, le logement social, la santé, le jeunesse, etc…Mais ce qu’on lit dans ce rapport est souvent de l’ordre du catalogue promotionnel ou de la propagande électorale. La question de fond reste donc à quels enjeux répond-on avec ces orientations budgétaires ?


Pour nous la boussole est comment lutter contre le dérèglement climatique pour réduire un maximum les injustices sociales et environnementales. Ainsi nous devrions avoir comme ligne de mire que notre ville diminue de 40% les GES d’ici 2030 par rapport à 1990 (pour se mettre en règle avec les accords de Paris) et par là même qu’elle s’attaque aux grands secteurs émetteurs de GES que sont les bâtiments, les transports, et l’alimentation. A chaque fois que nous aurons à traiter de ces sujets nous devons nous demander en quoi le changement de modèle que nous proposons va permettre aux Vitriots de mieux vivre socialement et comme nous les associons pour y arriver.


Quand on constate que ces 4 dernières années des investissements dans la rénovation thermique des bâtiments communaux ont engendré des économies importantes sur les charges à caractère général, qu’attend-on pour mener une politique extrêmement volontariste avec les bailleurs sociaux, les particuliers, etc. ?


Pour 2021 sont prévus des travaux de rénovation dans deux écoles et une crèche, quand il s’agissait de deux écoles et trois gymnases en 2021. Ce n’est pas suffisant.

A côté de ça nous avons une formidable source d’énergie renouvelable qu’est la géothermie qui n’est pas même suggérée dans ce rapport alors que des études existent : c’est une lacune inquiétante !


Autre secteur qui dérègle notre planète et qui est source d’injustice sociale (quand on connaît l’impact financier que représente une voiture pour un foyer), c’est la question des transports et des mobilités. Si l’on veut diminuer les émissions de gaz à effet de serre, il faut permettre aux Vitriots de se déplacer autrement, d’envisager des alternatives qui sont moins couteuses, et qui ont des conséquences plus saines pour la santé (les déplacements doux) ; la ville pourrait compléter des aides versées dans le cadre de la ZFE pour changer de véhicules, en construisant avec eux et pas pour eux un réseau cyclable, avec ce qui va avec (cyclofficine, garage à vélos, commerces de cycle, etc )


Le troisième gros sujet c’est celui de l’alimentation. Nous lisons dans le rapport que le Sidoresto souhaite tendre vers le 100% bio. Très bien ! Mais dans combien de temps et de quelle manière ? Il ne suffit pas de le dire pour le faire. Quels moyens voulez-vous mettre en place ? nous n’en avons aucune idée. Vous le savez : nous avons l’espace dans notre ville pour faire du maraîchage bio une nouvelle filière d’emploi pour alimenter les 9000 repas jours du Sidoresto et qui dans le même temps permettrait d’appliquer une tarification sociale plus juste pour les familles.


Œuvrer à une ville qui entre en transition c’est aussi utiliser le levier de l’emprunt en choisissant des banques plus éthiques qui ne déclarent pas leurs bénéfices dans des paradis fiscaux et qui ne financent pas des projets climaticides.


Cette vision d’œuvrer à plus de justice sociale et environnementale c’est celle qui structure notre vision des grands projets qui devraient transformer la ville : les Ardoines et du NPNRU. Projets pour lesquels nous ne partageons pas la même vision que vous. Nous pensons qu’une ville comme Vitry qui est en déficit d’emplois doit conditionner la construction de logements que demande l’Etat à la création d’emplois. Ce sont des emplois locaux et résilients qui doivent être l’objectif premier, avec des services publics décentralisés (je pense au CMS et à l’offre de santé qui est en souffrance), des zones qui ne doivent pas souffrir du déficit d’arbres, comme c’est le cas globalement sur l’ensemble de la ville. Il faut éviter de faire de Vitry une ville dortoir.


Enfin ces orientations ne peuvent se développer que par la seule impulsion d’une équipe municipale et des services municipaux. Vitry recèle de richesse à travers sa population et il faut la mettre à contribution pour atteindre les objectifs. La démocratie participative ne s’invoque pas par la mise en place d’une plateforme numérique, par la remise en fonction des conseils de quartier ou la consultation sur quelques sujets tels que mentionnés dans le rapport. Il faut investir dans la démocratie participative pour remettre le citoyen au centre de la prise de décision (Cf. Julia Cagé , le prix de la démocratie, 2018) en créant par exemple des budgets participatifs, en permettant la formation des citoyens sur des sujets précis où ils sont consultés, sur la structuration de notre budget. Notons par exemple que pour l’élaboration de ces orientations budgétaires n’a pas été faite de manière participative avec les habitant.e.s.


Et puis pour conclure nous avons de sérieuses interrogations sur des sujets qui ont déjà fait débat:

Le rapport parle de nouveaux investissements pour le centre aquatique qui enregistre un retard depuis 2 ans, sans qu’aucune information ne soit donnée aux élu.e.s et aux habitant.e.s depuis des mois ! cf mail que j’ai adressé M. Bell-lloch en janvier, resté sans réponse. Et puis la collecte pneumatique que nous payons à grands coups de millions à travers le FCCT a complètement disparu des radars, dans ce rapport.

Vous le savez pour répondre à l’urgence climatique il faut diminuer les déchets, ce que ne permet pas la collecte pneumatique. Ce qui peut faire baisser les factures des vitriots à travers la TEOM c’est bien la diminution des déchets alors qu’elle a augmenté pendant 10 ans : ce qui est loin d’être une mesure sociale.

Vous vous étiez engagé à mener une consultation sur le sujet, qui ne figure même pas comme une orientation. Est-ce toujours d’actualité ou pensez-vous à nouveau remettre plus de 40 millions dans ce projet inutile ?


Vous l’aurez compris nous restons sur notre faim car à l’inverse de ce qu’il devrait produire ce document ne nous éclaire pas sur ce que vous souhaitez faire en 2021 ni à plus long termes. Nous espérons que le budget sera autrement plus clair.



Frédéric Bourdon

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