L'intervention sur le budget que vous n'avez pas entendue

Dernière mise à jour : 2 avr.

L'intervention de Laurence Dexavary par le groupe Vitry en Mieux n'a pu être prononcée. Voir les raisons ici.

Chers collègues, Vous nous présentez ce jour le budget primitif pour l’année 2022, un mois et demi après la présentation des orientations budgétaires. Comme nous vous le faisions remarquer en février, les orientations budgétaires auraient été l’occasion d’indiquer votre vision à l’horizon 2030 voire 2050 et la mise en place de politiques visant à diminuer les inégalités sociales et environnementales. Bien sûr il s’agit pour toutes les collectivités de prendre leur part d’une diminution d’au moins 40% des GES dans la décennie qui s’annonce. Mais c’est aussi de la responsabilité des collectivités d’œuvrer au mieux vivre des habitants. Vous nous disiez l’an dernier que c’était impossible de réduire de 40 les GES d’ici 2030 et le mois dernier qu’il n’était pas possible pour une collectivité de diminuer le nombre de foyer sous le seuil de pauvreté. C’est ce qu’expérimentent pourtant des villes avec la mise en place d’un revenu minimum. A la place vous prévoyez une diminution de la subvention au CCAS. C’est fort de café et ça ressemble à des aveux d’échec. Comme vous le disiez, vous êtes encore dans le flou en terme de programmation des investissements car le nouveau programme de renouvellement urbain n’est pas encore abouti. Il n’empêche qu’en attendant vous auriez pu proposer une PPI (programmation pluriannuelle des investissements), même inaboutie (car c’est bien là son intérêt de pouvoir évoluer chaque année). C’est ce que font la plupart des collectivités : c’est ce qu’a fait le département du val de marne ce lundi lors du vote de son budget. La présentation de ce budget n’est donc ni clair ni sérieux en termes d’objectifs généraux dans lequel il s’inscrirait. Vous naviguez à vue. Nous faisons bien sûr la part des choses entre la présentation politique que vous faites du budget et tout le travail mené dans les coulisses par les services de la ville. Que les agentes et agents y ayant œuvré soient remerciées. Ce n’est pas une formule de politesse mais bien un remerciement sincère à l’heure où les services publics et en particulier les collectivités territoriales sont mises à mal par les politiques libérales et austéritaires, que le temps de travail ou les statuts des agents sont remis en question. Lors des orientations budgétaires vos prévoyiez une augmentation des couts liés à l’énergie. Puis tout d’un coup ce budget montre une stagnation des dépenses liées au chauffage et à l’énergie et l’électricité. Pour autant à analyser le compte administratif de l’année dernière qui fait foi en termes de dépenses, puisque ce sont les comptes certifiés à la fin de l’exercice passé, nous constatons que vous gardez une marge sensible sur ces lignes budgétaires et plus généralement sur le chapitre 11 (charges à caractères générales) : nous constatons un delta de 4M€.Nous interrogeons donc la sincérité de la démarche qui consisterait à argumenter que vous avez fait de gros efforts pour la rénovation thermique des bâtiments municipaux. De cette manière vous noyez le poisson au lieu de prendre au sérieux ce que nous vous demandons : investir pour protéger la planète et diminuer notre empreinte carbone mais aussi diminuer nos factures. Car vous indiquez qu’il faut diminuer la dette. Mais que dire de la dette que nous devons à la Planète et aux générations à venir ? Et que dire des projets inutiles dans lesquels la ville a investi des millions comme la collecte pneumatique, pour laquelle vous avez voté pour, toutes ces années de mandat que vous avez fait dans l’exécutif précédent comme actuel ? Qu’en sera-t-il de l’extension à la Commune de Paris, qui coutera pas loin de 10 millions d’euros, sans donner aucune garantie de baisser la facture des habitants, ni la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, ce qu’au contraire l’on pourrait faire avec une politique ambitieuse du zéro déchet. A noter que dans le budget la ligne 7331 dans les recettes de fonctionnement retraçant le produit de la TEOM n’est plus présentée (on peut le regretter étant donné que c’est bien la majorité municipale qui prend les décisions pour les orientations de la politique déchets, même si elle est votée au territoire). Ce n’est pas pour donner de la transparence à la chape de plomb qui a été mise sur les coups de la collecte pneumatique maintenant géré à l’échelon du territoire. Vous entêterez-vous donc dans un projet aussi inutile que pourrait l’être la construction d’un incinérateur sur l’emplacement des cheminées, projet auquel vous ne semblez pas prêt à vous opposer comme l’a fait votre prédécesseur Paul Mercieca, dans les années 1980 ? Et puis vous investissez près de 5 millions d’euros par an pour les 20 prochaines années afin de financer le projet pharaonique et illusoire des Ardoines. Rappelons que ce projet consiste à construire pour 20000 nouveaux habitants sans garantie de faciliter le mal logement des vitriots actuels, de surcroit en les parquant dans une zone à fort danger de crue de la Seine, et à fort risque industriel. Nous le répétons depuis des années que ce projet est insensé. Et vous fanfaronnez en prétextant que vous obtenu une diminution de l’investissement annuel de la part de la ville. Mais que n’avez-vous pas obtenu d’autre part : des services publics nationaux tel qu’un service postal aux Ardoines, une fréquence de métro pour le RER C ou un nouveau commissariat. Vous vous obstinez pour un projet médiocre. Enfin cerise sur le gâteau vous décidez d’augmenter la taxe foncière de plus de 3 points, alors que les bases devraient déjà être en hausse. La facture va être très salée pour ces petits propriétaires que vous voulez sûrement faire quitter notre ville. Vous faites le jeu de la spéculation en vous en prenant à eux, vous mettez aussi un à toutes et ceux qui maudestement tout au long de leur vie ont passé les différentes étapes du parcours résidentiel pour soit se payer un appartement ou un pavillon. En un mot avec cette hausse des impôts vous vous en prenez à la mixité sociale de notre ville. De surcroit vous justifiez cette augmentation d’impôt pour boucler un budget contraint et endetté, sans nouveau service public innovant, ce qu’aurait pu être un projet de maraîchage pour l’alimentation de nos cantines scolaires, un dispositif d’aide pour les personnes ne voulant plus être dépendantes du pétrole dans leurs mobilités, ou espérant une rénovation thermique de leur bâtiment. Voilà au moins trois actions dans les trois principaux secteurs émetteurs de CO2 qui sont aussi les principales dépenses des habitants. C’est là-dessus que le budget de la ville devrait se focaliser. Vous ne le faites pas : nous ne pourrons voter globalement pour ce budget, et exprimerons par chapitre les votes pour et abstentions.


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