Quelles priorités pour l'égalité femmes hommes ? Et interrogations sur des orientations budgétaires.

Mis à jour : avr. 1


Intervention de Karen Degouve, conseillère municipale Vitry en Mieux au sujet du rapport égalité femmes hommes 2020, ainsi que sur quelques éléments du rapport général sur les orientations budgétaires.





  • Au sujet du Rapport égalité femmes hommes 2020

1. Effets de la crise sanitaire

La crise sanitaire a eu un effet démultiplicateur des inégalités existantes, en particulier des inégalités de genre. Les femmes sont les premières touchées par les impacts économiques de la crise engendrée par la pandémie, du fait de leur surreprésentation dans les métiers les plus précaires.

Cette injustice est aujourd’hui d’autant plus criante alors même qu’elles ont été en première ligne de la réponse à la crise sanitaire : 2/3 emplois secteur du soin

La crise a remis sous les projecteurs les métiers reconnus aujourd’hui comme «essentiels» : santé, éducation, propreté, alimentation. Dans ces domaines les femmes sont majoritaires. Mais elles occupent des emplois souvent précaires, informels, trop peu valorisés socialement ou trop faiblement rémunérés – et là-dessus, la crise n’a rien changé, au-delà de quelques discours.

Selon l'ONU, l'emploi des femmes est 19 % plus menacé que celui des hommes

Au sein des foyers, ce sont à nouveau les femmes qui ont vu s’alourdir le poids du travail domestique non-rémunéré

Lors du premier confinement, les femmes ont plus souvent que les pères renoncé à travailler pour garder les enfants (source : INSEE)

Les violences conjugales ont également explosé pendant les périodes de confinement.

Les inégalités entre les femmes et les hommes doivent être au cœur de nos actions contre les inégalités, tant au niveau national que local.

Ainsi, il aurait été bien dans ce rapport d’évaluer l’impact de la crise sanitaire sur les inégalités de genre dans la ville et les actions particulières pour y remédier.


2. Représentation des femmes parmi les artistes mandatés ou mis en valeur par la ville

Nous devrions nous interroger sur ce que la ville fait dans le choix genré des artistes dans les expos, des artistes dans les programmations, les achats ou commandes d’œuvres d’art. Mais il n'y a rien dans le rapport.


3. Représentation des femmes dans la toponymie de Vitry

Aucune information non plus sur la proportion par genre des noms des rues et équipements publics. En France, seuls 2 % des noms de rues ou lieux publics portent des noms de femmes. Et à Vitry ?


Nous pourrions proposer systématiquement des noms de femmes pour les rues et lieux, et proposer aux Vitriots de voter sur ces noms (comme à Champigny). Ce serait l'occasion d’honorer la mémoire de femmes d’exception et faire vivre la démocratie participative. Par exemple donner le nom de Gisèle Halimi à un équipement municipal. Cette avocate, militante féministe et femme politique franco-tunisienne, décédée l’année dernière était notamment connue pour son engagement en faveur de la dépénalisation de l'avortement et de la criminalisation du viol.

4. Proposition d’ouverture d’un lieu dédié aux droits des femmes

A l’image de la Cité Audacieuse, un vaste espace public en plein cœur de Paris, dédié aux droits des femmes qui accueille une programmation culturelle, des espaces de co-working, des associations, véritable laboratoire d’innovations sociales, à Vitry pourrait s'ouvrir un lieu dédié aux droits des femmes.

Au sujet du rapport sur les orientations budgétaires




Au sujet du soutien apporté aux associations. P.26 il est indiqué "Outre l’accompagnement au quotidien des associations dans la réalisation de leurs activités, la Ville met en oeuvre une politique ambitieuse de subventions aux associations (3,64 M€ en 2020) et de socialisation."

Nous nous réjouissons bien entendu du soutien aux associations, mais nous vous rappelons que nous demandons de la transparence. Il y a besoin d’avoir des règles claires, écrites, des critères transparents et connus de tous, disponibles sur le site de la ville, auxquels les porteurs de projets / responsables associatifs puissent se référer. De même, il est écrit « La Municipalité cherche à répondre aux attentes fortes des Vitriot.e.s qui veulent être associé.e.s aux décisions municipales » : consulter les citoyens sur leurs besoins ET soumettre les subventions des associations à un comité de citoyens avant le vote du conseil municipal.


Au sujet de la tranquillité publique / éléments visant à assurer la tranquillité du citoyen et sa sécurité. P.20, il est indiqué : "en 2021, la Municipalité se fixe comme priorité :

• La réalisation d’un bilan du déploiement de la vidéoprotection installée en 2020 et engager une réflexion sur les déploiements à venir ;

• Une réflexion pour la création d’une équipe d’éducateurs et de médiateurs de rue ;

• Le déménagement du poste de Police municipale dans des locaux plus adaptés. "


Mais, concernant la police municipale, au delà du déménagement dans des locaux, le rapport ne mentionne pas les effectifs. Pour nous, la sécurité est d’abord une compétence de l’Etat, qui à Vitry doit investir dans un commissariat digne d’une ville de près de 100 000 habitants. Mais la municipalité a un rôle complémentaire à jouer. Sécurité publique, prévention de la délinquance, tranquillité des habitants devraient être des priorités absolues. Est-ce le cas ? Effectif de la Police Municipale, dont le rôle complémentaire de la police nationale est essentiel pour lutter contre l’insécurité au quotidien semble poser question. Le chef du service et plusieurs agents professionnels ont démissionné l’année dernière. Ont-ils été remplacés ? l’effectif passerait de 25 à 9 agents en 2021 (hors ASVP). Qu'en est il ?


Au sujet de la propreté P.16, il est indiqué : "Dans le projet de budget 2021, il est envisagé de renforcer les actions en direction de la propreté, pour accompagner le plan propreté et pour lutter contre les dépôts sauvages." Mais de quoi s'agit il concrètement ? Aucun détail sur les priorités, sur un sujet pourtant essentiel pour les Vitriots.


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